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DENIZ.HEIC

Biographie

Deniz Demirer (née en 1997 à Istanbul) est une artiste multidisciplinaire et coordinatrice de projets artistiques basée à Paris. Sa pratique explore la relation entre le corps et son environnement, à travers des thématiques telles que les violences sexuelles, la place des femmes dans la société et la résilience. Le plâtre occupe une place centrale dans son travail, en tant que matériau permettant de saisir l’empreinte du corps comme trace sensible, entre mémoire, présence et transformation.

Issue d’un environnement familial profondément lié à l’art, elle a développé très tôt une sensibilité artistique nourrie notamment par l’héritage de son arrière-grand-père, Ferruh Başağa. Elle a poursuivi ses études en arts plastiques à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, où elle a obtenu une licence, un Master 1 en Arts Plastiques, puis un Master 2 en Arts et Création Internationale. Ses recherches de master ont porté sur l’art féministe en Turquie et la Convention d’Istanbul. Dans ce cadre, elle a collaboré avec l’association Mor Çatı en Turquie pour concevoir un projet artistique à partir de témoignages de femmes ayant subi des violences.

Lors de la 15e Biennale d’Istanbul, elle a assisté Latifa Echakhch, Yonamine et Young Jun Tak dans la production de leurs œuvres. Elle a ensuite travaillé au musée Pera en tant que chercheuse principale pour une exposition consacrée à Sergei Parajanov, en collaboration avec l’artiste Sarkis. Par la suite, elle a assuré la coordination de la série documentaire Benim Sanatım, consacrée aux artistes turcs et produite pour la chaîne NTV. Elle a ensuite occupé le poste de responsable des projets artistiques à Ellia Art Gallery, spécialisée dans le street art. Au cours de son master, elle a également été coordinatrice de projet et assistante curatoriale à la Sorbonne ArtGallery, où elle a contribué à plusieurs expositions consacrées aux liens entre art, photographie et intelligence artificielle.

Elle a également assuré le commissariat et la gestion de projet de La Poésie du Chaos, exposition monumentale en plein air de l’artiste Onay Akbas présentée sur les façades de la Caserne Napoléon à Paris, en collaboration avec la Ville de Paris, à l’occasion du 40e anniversaire de sa pratique artistique.

En 2024, elle a présenté son travail dans l’exposition collective (IN)ERRANCE IV à la BIS à Paris, et a collaboré avec Numéro Netherlands pour un shooting de mode autour de la liberté d’expression. En 2025, elle a été invitée en tant qu’artiste invitée à l’exposition İlk ve Son à Bodrum Art.

STATEMENT

Le corps des femmes n’est ni une surface, ni une image, ni un territoire disponible. Il est un lieu de mémoire, de tension et de résistance. Il porte les traces de ce que la société projette sur lui : les normes, le contrôle, les violences, les silences, les assignations. Mais il porte aussi ce qui échappe à ces mécanismes de domination : la force de survivre, la capacité de transformer la blessure, la possibilité de se réapproprier sa propre présence.

Ce qui s’inscrit dans le corps ne disparaît pas. Cela demeure dans une posture, dans une tension, dans une manière de se tenir, de se protéger, de respirer, d’habiter l’espace. Le corps garde la mémoire de ce qu’il a traversé. Il devient ainsi l’archive d’une histoire intime et collective, marquée à la fois par la vulnérabilité et par la résistance.

Refuser l’objectification, c’est refuser que le corps féminin soit réduit à son apparence, à sa fonction ou à sa disponibilité. C’est lui restituer sa densité, son opacité, sa complexité. C’est affirmer qu’il ne se donne pas comme un objet à regarder, mais comme une présence à reconnaître. Une présence chargée d’expérience, de mémoire et de sens.

Le plâtre intervient ici comme une matière capable de retenir cette présence dans ce qu’elle a de plus fragile et de plus irréversible. Il capte une empreinte, un souffle, une tension, le poids d’un instant. Il ne s’agit pas seulement de reproduire une forme, mais de préserver une trace. Une trace de contact, de passage, de mémoire. Dans le moulage, quelque chose du corps persiste, même dans son absence. Mais le plâtre n’est pas une matière figée : avec le temps, il se transforme, se fragilise, se marque, se modifie. Comme les corps, il traverse une durée, porte les effets du temps et conserve en lui les signes du changement.

Ce qui apparaît alors, ce n’est pas un corps figé, mais une présence transformée en matière. Une présence qui résiste à l’effacement. Une présence qui affirme que le corps féminin n’est pas un lieu de possession, mais un lieu vivant, traversé par l’histoire, la blessure et la puissance. Faire émerger cette trace, c’est rendre visible ce qui demeure, ce qui insiste, ce qui continue d’exister malgré tout.


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DENIZ DEMIRER

©2023, Deniz Demirer.

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